Une excellente nomination à la santé
26 06 2008Philippe Couillard a tiré sa révérence comme ministre de la santé. Il est très difficile de juger sa performance, car il a hérité d’une des plus importantes responsabilités ministérielles au moment où le système de santé entrait dans une des périodes les plus sombres de son histoire. C’est pendant son règne que les pires effets de la pénurie de personnel s’est fait sentir suite aux mises à la retraite incontrôlée pilotées par le gouvernement du Parti québécois qui a précédé. Malgré les centaines de millions de dollars supplémentaires qu’il a obtenu pour tenter de régler les problèmes, il n’a pas pu corriger ceux qui touchent le plus la population, soit l’accessibilité aux soins et le temps d’attente aux urgences. Comme ces deux problématiques sont reliées en grande partie au manque de personnel, on peut difficilement lui en attribuer l’entière responsabilité. Ce que je retiens de Philippe Couillard, c’est sa capacité à rester calme et pondéré aux pires moments où son bateau prenait l’eau de partout et menaçait de sombrer. Cet homme doté d’une intelligence supérieure a su obtenir et conserver le respect de tous les groupes d’intérêt liés au système, comme les syndicats et les corporations professionnelles. Je ne crois pas que personne se soit attaqué à lui personnellement et cela a contribué à maintenir une certaine cohésion à un moment où le bordel régnait. Alors je lui lève mon chapeau.
Il sera remplacé par le Dr Yves Bolduc. Réglons d’abord une chose. Je m’en fous qu’il soit élu ou non. Le Premier ministre a la responsabilité de nommer les personnes les plus compétentes pour diriger les ministères, surtout ceux qui sont de première importance. Les opposants qui disent que c’est un désaveu de la députation disent n’importe quoi. N’importe qui peut devenir député. Un analphabète impliqué dans son milieu a autant de chance d’être élu qu’un prof d’université. Ça ne dit rien de leur compétence à diriger le gouvernement. Il y a assez de ministres qui ne savent pas ce qu’ils font et ce qu’ils disent pour éviter d’en nommer d’autres surtout dans les postes sensibles. Idéalement un ministre devrait toujours avoir une bonne connaissance du ministère qu’il est appelé à diriger. Si cette personne ne se trouve pas dans la députation, ce devrait être légitime d’aller la chercher ailleurs. Par contre, elle devrait obligatoirement se présenter dans une élection complémentaire dans les meilleurs délais.
Ce qui me plait avant tout chez Yves Bolduc, ce n’est pas qu’il soit médecin, même si je crois que c’est essentiel. Ce qui me séduit d’abord, c’est qu’il détient une maîtrise en administration publique et qu’il a fait ses preuves en appliquant des méthodes de gestions novatrices à l’hôpital de Val-d’Or. J’ai toujours pensé que les médecins qui d’office dirigent les hôpitaux n’étaient pas nécessairement les personnes les plus compétentes pour le faire. On ne devient pas un bon gestionnaire en étudiant la médecine et en la pratiquant. Cela apporte une connaissance du milieu qui ne se transmute pas par magie en compétence de gestionnaire. Dans une entreprise aussi complexe qu’un hôpital avec des centaines d’employés, des millions de dollars de budget et d’infinis processus à gérer quotidiennement, il est essentiel que le patron soit un expert en gestion. La responsabilité des actes médicaux devrait toujours être confiée à des médecins, mais la gestion devrait être placée sous la direction de gestionnaires aguerris. C’est d’autant plus nécessaire qu’il est de notoriété publique que nos hôpitaux sont mal gérés. Ce n’est pas seulement par manque de personnel que des salles d’opérations parfois toutes neuves ne sont pas utilisées, mais aussi parce que les processus de gestions sont inappropriés. D’ailleurs le fait que l’on construise des salles d’opérations à coup de millions qui ne sont pas utilisées est la preuve par l’absurde que l’incompétence et l’improvisation règne dans le système. Récemment, un médecin spécialiste s’est plaint dans les médias de perdre continuellement des heures de temps opératoire précieux dans l’attente de patients que le personnel n’avait pas préparé à temps. Des cas comme ceux-là il y en a des milliers qui coûtent des fortunes et empêchent les malades d’êtres soignés efficacement.
Le Dr Bolduc a consulté des spécialistes en processus de Toyota pour améliorer la performance du bloc opératoire de son hôpital avec succès. Dans une entrevue, il a dit que cette idée lui était venue parce qu’il avait étudié la gestion de Toyota pendant sa maîtrise. Un médecin sans connaissance en gestion n’aurait jamais pensé à une telle initiative. C’est pour ça que je pense que le Dr Bolduc est la bonne personne pour guérir le système de santé. Publié par : jacqueso à 10:30:22Permalien
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